DEVENIR CHRÉTIEN ÉVANGÉLIQUE

EN 1885 AU QUÉBEC

OLIVIER TREMBLAY 1850-1925

  1. TÉMOIGNAGE DONNÉ PAR ERNEST TREMBLAY, FILS D’OLIVIER TREMBLAY

  2. TEXTE INTÉGRAL DES ARCHIVES DE LA PAROISSE ST-FRANÇOIS (Montmagny)

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1- TÉMOIGNAGE DONNÉ PAR ERNEST TREMBLAY, FILS D’OLIVIER TREMBLAY

Cet homme était meunier de son métier, il venait de Lorette. Il avait trouvé à St-François le cours d’eau qu'il désirait pour s’installer. Son épouse Thaïs Dumais venait d Kamouraska.

Il est devenu maire et a beaucoup aidé au progrès de la paroisse.

Catholique très dévot, sa confiance était en Marie, principale dévotion de L'église catholique. Un jour, son frère Jean venant de Lorette, s’amène chez lui. Il avait une bible. Ensemble, ils L'ont ouverte et c’est en lisant L'Épître aux Hébreux qu'il a connu la vérité, le salut de Dieu par Jésus-Christ, cette découverte allait tout changer.

Il continua à assister à L'église pour un temps, mais le jour est venu où il voulut donner à ses enfants une bonne éducation. Il a donc inscrit ses fils à un collège à Pointe-aux-Trembles, près de Montréal, tenu par une mission presbytérienne afin qu'ils soient instruits dans les deux langues et par dessus tout dans la vérité de L'Évangile.

Le curé de la paroisse n’a pas aimé ça et L'a convoqué pour lui dire que ses fils devaient fréquenter L'école du village. Comme il ne voulait pas se soumettre à son autorité, il L'a excommunié!

C’est là qu'a commencé dans ce foyer divisions et tristesses. C’était en 1885, il n’avait que 35 ans. Son épouse a eu beaucoup de peine. Elle descendait de haut.

Ça a bouleversé la vie de toute la famille. Ils ont connu L'indifférence, le mépris, la calomnie et même la haine.

Quand les paroissiens se réunissaient le dimanche à L'église, il s’en allait sur sa petite ferme, montait dans la forêt, s’agenouillait au pied d’un arbre et s’entretenait avec son Dieu. Ça devait être bien intime et bien sincère puisqu'il disait: “Je sens la présence de Dieu autour de moi”.

Malgré toutes les épreuves qu'il a subies, il est demeuré fidèle à Jésus son Sauveur et il a beaucoup témoigné de lui.

C’était un homme bon, d’une grande générosité, un bon père, un bon époux, un homme charitable. L'arrondissement dans lequel il était s’appelait “canton”, c’est encore ça aujourd’hui. C’était à ce temps-là, un ilôt de petites maisons où vivaient beaucoup de pauvres qu'Olivier et sa femme ont bien secouru.

Un de ses fils, Ernest, enseignait à Montréal et avait connu une jeune fille qu'il aimait beaucoup. Il voulait la marier. Alors il a écrit à son père pour lui demander la permission comme c’était la coutume. Il louait les qualités de sa bien-aimée aux yeux de son père.

Voici ce qu'il lui a répondu: “Si elle aime le Seigneur de tout son coeur, marie-la”.

Sachant bien qu'il ne serait pas accepté au cimetière catholique, il a préparé son propre cimetière sur une élévation dans sa forêt. Une stèle a été dressée à L'entrée par sa descendance sur laquelle est écrit:                 

En mémoire de:

Olivier Tremblay

 
 

1850-1925

 
 

Pionnier de la Foi Evangélique

 
 

à St-François

 
 

aimé des pauvres

 
 

témoin de la vérité

 
 

honorable citoyen

 
 

Apocalypse 14:13

 

Témoignage donné par Ernest Tremblay, fils d’Olivier Tremblay.

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2- TEXTE INTÉGRAL DES ARCHIVES DE LA PAROISSE DE ST-FRANÇOIS

Maintenant passons à une lourde peine pour le coeur apostolique de M. Curé Oliva. Cette lourde peine fut L'apostasie d’un chef de famille. Heureusement que cet homme était un étranger venu s’établir à St-François.

Il occupait une position qui le mettait en relation en affaire avec les gens de la paroisse et des alentours, il était meunier.

Comme il employait des pauvres et hélas des ignorants volontaires pour ne pas dire des gens à ignorance crasse, ce pauvre apostat fit des adeptes. Son épouse bonne et pieuse monta donc un calvaire bien cruel.

Lorsque ses garçons avaient fait leur première communion, il les arrachait à la pauvre mère et il les plaçait dans les collèges protestants. Ses fils sont de la religion de Chiniquy, dit-on avec un ministre en tête. Ses filles sont restées à leur mère. Quelle tristesse dans une paroisse qui jusque là n’avait compté que de vrais croyants, catholiques malgré les chicanes, les entêtements, les procès.

Cet homme apostat assista à la messe le dimanche pendant un certain temps. Alors malheureusement, on le plaça à la tête de la paroisse comme maire. L'élection fut chaude mais les aveugles qui ont des yeux et ne voient pas et des oreilles qui n’entendent pas, ces gens L'élevèrent maire et, le sortant de la salle paroissiale, passèrent en triomphe devant le presbytère arborant le drapeau rouge. Quelle arboration!

On le disait si charitable, mais ne parlez donc pas des vertus d’un apostat leur fut-il répondu un jour. Il mourut et sa mort fut triste. Tous les dimanches, il se rendait, dit-on, à un endroit appelé les prairies. Il y possédait un terrain où il s’était aménagé un cimetière pour lui et ses convertis. Le premier à inaugurer son cimetière fut son chien.

On y compte maintenant six à sept pauvres égarés qui y ressusciteront mais hélas pour être placés à droite ou à gauche ?

D’autres entreront aussi encore dans ce cimetière, car il y en a encore de ces têtes tournées par de mauvaises lectures, par de faux prédicants.

Que c’est triste dans une paroisse de telles misères au milieu d’une population catholique.

Quelques mots encore sur sa fin. Il mourut le pauvre homme dans une grange bâtie sur sa petite terre des prairies. Sa mort le surprit pendant la messe du dimanche à laquelle il n’assistait plus. Il se sentit mal, car il demanda à un petit jeune homme d’aller lui chercher de L'eau et il expira à son retour.

Encore une fois quelle fin terrible.

Partir pour L'éternité abandonné il semblerait de Dieu et des hommes.

Quand verra-t-on la fin de cette hérésie ?

Faudra-t-il un châtiment terrible pour ouvrir les yeux à ces pauvres gens qui vivent dans une fausse sécurité ?

Le bon Dieu les a-t-il abandonnés à leurs sens réprouvés ?

Que St-François de Sales qui a converti de quinze à seize mille hérétiques leur obtienne comme à ceux de son époque le retour à la foi de leurs pères.

Diffusé avec la permission d' Ernest Tremblay (Auteur) fils d’Olivier Tremblay., conçu par l'Évangile au Québec

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